"Désespoir, amour, gaieté. Qui a ces trois roses enfoncées dans le coeur a la jeunesse pour lui, en lui, avec lui." Christian BOBIN
"Désespoir, amour, gaieté. Qui a ces trois roses enfoncées dans le coeur a la jeunesse pour lui, en lui, avec lui." Christian BOBIN
Je savais qu'il était là.
Depuis déjà longtemps.
Je savais qu'il y avait la lumière, la chaleur.
Le feu. L'incendie.
Les éruptions. Les explosions.
Le bouillonnement et les coups.
[mon Alien]
Je savais depuis longtemps.
-Depuis l'autre printemps-
Qu'on ne donne pas sans recevoir.
Et que les ténèbres ne comprennent pas.
[ Tu sais ce que c'est, un Cœur Flamboyant ? ]
Pet Scan 02/02/2012
"Parce qu'ils sèment le vent, ils moissonneront la tempête. Ils n'auront point de blé debout ; ce qui pousse ne donnera point de farine ; et si peut-être il en donne, les étrangers la dévoreront".
"Celui qui ne sait pas est un ignorant, celui qui sait mais qui ne fait rien est un criminel". Berthold BRECHT
Il arrive quelquefois un instant où nous nous posons la question. Cette putain de question à laquelle on pense ne pas pouvoir trouver de réponse. A laquelle on souhaiterait n’avoir jamais à répondre. Parce qu’on ne sait pas. Qu’on sait trop. Qu’on a tellement peur.
Parce qu’alors, il faut aller face au miroir ; se regarder droit dans les yeux. Droit dans ses bottes. Bien en face. C’est ici que l’on voit les hématomes ; mais comme un enfant incrédule, il nous faut appuyer, pour vérifier si c’est bien là que ça fait mal.
C’est bien là ! Pour comprendre. Tellement le doute est présent.
Nous prenons enfin conscience des coups.
C’en est presque rassurant. Aussi, on continue. On s’approche. On cherche.
On découvre. Non ! On ne découvre pas, parce que l’on sait, depuis toujours. On intègre.
On voit. Les contusions, les meurtrissures. Les rides en plus. Les cheveux blancs. La peau marquée. Les ecchymoses. La plaie. Celles refermées et celles encore ouvertes. Les os saillants ici et là. Les joues creusées. La fatigue. Le souffle plus court. Et…
La nausée. L'écœurement. La lassitude.
Alors ?
Certains soirs, on préfère simplement fermer les yeux.
Et d’autres soirs, comme ce soir, on reçoit la réponse à la question. Alors, on essuie du revers de la main les larmes sur ses joues, et, comme dans la chanson, on se chuchote, en cherchant un peu le sommeil : "Non, rien de rien ; je ne regrette rien !"
"Chacun de nous a un ange, un gardien qui veille sur nous. On ne sais pas quel forme ils vont prendre ; un jour c'est un vieillard, le lendemain une petite fille. Les apparences sont trompeuses. Ils peuvent être aussi féroces que des dragons. Pourtant, ils ne sont pas là pour se battre à notre place, mais pour chuchoter depuis les feux de la rampe, pour nous rappeler que c'est nous, chacun de nous qui détenons le pouvoir dans les mondes que nous créons.
Nous nions l'existence de nos anges. Nous nous persuadons qu'ils ne peuvent pas exister, mais ils se manifestent, là où on les attend le moins, et quand on s'y attend le moins. Ils peuvent s'exprimer à travers tout être sorti de notre imaginaire. Ils crieront à travers les démons s'il le faut, pour nous pousser à engager le Combat.
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Et finalement, cette question, le mystère : qui raconte l'histoire de qui ?
Qui lève le rideau ? Qui choisit les pas que nous allons danser ?
Qui nous rend fou ? Nous cingle de coups de fouets et nous acclame dans la victoire quand nous survivons à l'impossible ?
Qui fait tout cela ?
Qui fait en sorte que notre existence honore les autres ?
Qui envoie des monstres pour nous tuer, et en même temps nous chante que nous ne mourrons jamais ?
Qui nous apprend ce qui est vérité, et à rire du mensonge ?
Qui décide pourquoi l'on rit et quel combat mérite que l'on risque la mort ?
Qui nous enchaîne ?
Et qui détient la clé qui peut nous libérer ?
C'est vous ! Vous avez toutes les armes en vous ; alors, battez-vous !"
Sucker Puch
"Il faut essayer, sentir. Avoir boxé, menti... Avoir tout fait, non à fond mais assez pour comprendre". Georges SIMENON
Bertolt avait débarqué comme ça, sans crier gare !
(J’aime bien cette formulation, mais elle est mensongère).
En fait, Bertolt est venu maintes et maintes fois, tranquillement ; d’abord se montrer, se présenter, se faire attentionné, et peu à peu affectueux. Puis il devint plus familier, certainement que je sois moins effarouché.
Enfin, hier soir, jeudi 17 novembre, il est devenu bien amical. Il m’a fait entrer. Il m’a fait assoir. M’a proposé de me mettre à l’aise, sur le petit banc un peu trop raide. Il était plein de gentillesse. Avait des marques de prévenance…
Il s’avança, souriant, et m’invita à approcher le visage vers lui, à le pivoter, à peine.
Et là, alors que je tendais –en toute confiance- la joue, il me balança une espèce de putain de gifle !
Enorme ! Waouh ! Quelle générosité, quelle bonté, quelle bienveillance chez cet homme…
Jean la Chance est un texte retrouvé dans les années 1990 parmi les archives du Berliner Ensemble ; il sera publié en 1997, avec quatre autres pièces, pareillement inédites et inachevées. Dans cette pièce Brecht reprend une anecdote d’un conte des frères Grimm, où un paysan simplet est peu à peu dépouillé de tout ce qu’il possède, au fil d’échanges iniques : "Femme contre maison, maison contre charrette, charrette contre manège, manège contre femme, femme contre oie".
Jean n’est pas le combatif que l'on s'attendrait de voir. Tout au contraire, il accepte toutes les déchéances successives qui s'offrent à lui. Et il reste heureux ; heureux d’avoir une femme qui le quitte, d'avoir des amis qui le trompent, d’avoir la faim au ventre, de donner ses derniers biens aux mendiants... Alors que tous ceux qui le spolient, qui le trompent, qui lui mentent, eux, n’en sont pas plus heureux pour autant !
Jusqu’à quel point cet homme va-t-il se faire rouler dans la farine ? Jusqu’à donner sa vie pour des salauds !
De perte en perte, le héros devenu vagabond finira par dire : "Maintenant, il ne me reste plus que la vie !"
"Lorsque qu'un homme assiste sans broncher à une injustice, les étoiles déraillent". Bertolt Brecht
(*) Jean La Chance, mis en scène par Serge Irlinger, présenté au théâtre Toujours à
l'horizon, La Rochelle.